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Nom russe: Status-6 / Kanyon, Каньон

Code OTAN :  ?

Classification russe

Classification OTAN

 

 

 

Il s'agirait d'un drone sous-marin (UUV) à propulsion nucléaire et porteur d'une tête nucléaire mégatonnique. Son concept reposerait sur la création d'un tsunami hautement radio-actif (cobalt-60) le long des installations côtières d'un pays ennemi. Passant sous l'eau, il échapperait aux défenses anti-ICBM.

La première indication de sa possible existence remonte à septembre 2015, lorsque le site freebeacon.com indique que la Russie mettrait secrètement au point un drone porteur de charges mégatonniques pour l'attaque des ports des USA, sous le nom de Kanyon (Каньон). D'aucuns le comparent déjà à la monstrueuse torpille porte charge nucléaire T-15 des années 50 (Projet de torpille électrique à tête nucléaire de diamètre 1550 mm (1530?) et de 24 m de long. Masse 40 t. Charge militaire une tête nucléaire YaB4 de 3,5 à 4 t. D'une portée de 50 à 60 km à 29 nds, elle était sensée équiper à l'origine le projet 627 Kit pour l'attaque des ports et installations côtières. Une seule torpille par sous-marin. Étude à partir de septembre 1952 . En mars 1953, les premières esquisses du projet 627 avec cette torpille sont réalisées, et complétées dès mai 1954. Projet abandonné suite à son irréalisme, et à l'opposition de l'état major de la marine dès juillet 1954, et la participation d'experts de la marine au projet. Fusée de choc ou chronométrique. L'idée est relancée en 1961 par Andrey Sakharov, avec une tête de 100 Mt et plus.).

Esquisse de la fameuse "torpille" diffuse par le site en question.

La présence de six panneaux circulaires sur l'avant semblent indiquer la présence de tubes de lancement. Ce qui contredit l'hypothèse de la tête unique et mégatonnique.

Ceci ressemble plus à un sous-marin sans kiosque, tel que le projet  673 étudié en douze variantes et abandonnés après 1980

 

Une indiscrétion révélée par un forum en novembre 2015 montre qu'au cours d'une réunion de haut niveau de responsables de la défense, une caméra de télévision a capté une image qui pourrait être celle de l'engin en question, présentée sous le nom de Status-6.

 

Curieusement, aucune sanction n'est annoncée et le reportage TV n'est pas censuré.

Le site Covert shores en tire le schéma ci après:

(Sous toutes réserves)

 

Que sait-on en fait de cette torpille? Le site freebeacon.com, dans son article de septembre 2015 indique qu'elle ferait 24 m de long pour un diamètre de 1600 mm. Elle se déplacerait à 56 nds (100?), sur une distance de 5400 N, et à une profondeur de 1000 m. Ce qui ferait qu'à la vitesse maximale hypothétique, il lui faudrait tout de même quatre jours pour rallier sa cible, si elle était tirée en portée maximale.

 

De nouveau, en décembre 2016, le site freebeacon.com informe qu'un essai de cette torpille aurait eu lieu à partir du B-90 Sarov. Ni le lieu, ni le type d'essai ne sont mentionnés.

 

Alors, on ne peut que s'interroger, tout comme le font le site Covert Shores ou le blog Submarine matters. Si la torpille devait être équipée d'un système de contre-mesures acoustiques (neutralisation de signature par moyens actifs...), il lui serait possible d'échapper pendant quelque temps aux systèmes d'écoute fixes du type SOSUS. Sa profondeur d'immersion la rendrait difficilement atteignable per des armes ASM, quoique cela ne soit pas impossible. Mais la question majeure qui reste en suspens est celle de sa mise en oeuvre. Le premier site cité dans ce paragraphe fait remarquer qu'il n'y a aucune protection radiologique autour du réacteur nucléaire. Une telle impasse compliquerait très sérieusement sa mise en oeuvre, son stockage et sa manipulation à terre comme en mer. Bien plus que celle d'un engin balistique. La protection du personnel du porteur deviendrait essentielle. La probabilité de ratés pour non fonctionnement du réacteur ne serait pas mince. Sans compter la trace radiologique laissée par l'engin en fonctionnement.

 

Deux hypothèses sont alors possibles:

- soit la Russie cherche à compliquer les mesures anti-ICBM en adoptant une voie originale de contournement, mais avec de très sérieuses limitations d'emploi;

- soit, et c'est l'hypothèse vers laquelle je penche de plus en plus, il s'agit ni plus ni moins qu'une opération de désinformation (maskirovka) destinée à masquer d'autres études, comme celle du projet Skif de missile balistique posé sur le fond de l'océan (à ne pas confondre avec le R-29RM / SS-N-23 Skiff).

 

PS: il convient de noter que mon commentaire évoquant la possibilité d'une opération de désinformation a été supprimé à deux reprises par l'hébergeur d'un blog, sans que l'auteur de ce blog ne puisse en connaître la cause.

Dernière mise à jour: 15 décembre 2016

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