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Type D (тип "Д" ) Dekabrist [Декабрист], alias Série 1 [Серии 1]

Classification soviétique: grand sous-marin diesel-électrique lance torpilles (БДЭТДЛ) [BDETDL]

 

D-5, Avant modernisation

 

L'élaboration du projet du premier sous-marin soviétique a débuté en janvier 1926. Le 19 septembre de la même année, deux variantes ont été présentés au commandant des forces navales de la République, l'une de 890 t, l'autre de 1440 t de déplacement. Le choix s'est fixé sur la première proposition. Ce modèle paraissait mieux adapté à la mer Baltique, où ces bâtiments étaient prévus participer aux actions défensives dans le golfe de Finlande et naviguer dans des chenaux étroits.

Les documents furent remis aux chantiers de Baltique pour construction, sans attendre la décision officielle du Conseil révolutionnaire de guerre [Revvoensovet] qui ne statua sur ce projet que le 17 février 1927. La décision officielle pour la commande des trois premiers sous-marins de la première série fut notifiée le 5 mars 1927. Ces sous-marins ont par la suite porté le nom de projet « D », reprenant ainsi la première lettre du premier de la série, le « DEKABRIST ». Ils sont aussi dénommés Série 1.

Les premiers nés de la construction navale soviétique sous-marine disposaient d'une double coque et d'une charpente rivetée. Pour la coque, on utilisa des stocks d'acier de haute qualité antérieurs à la Révolution et destinés à la construction des croiseurs de bataille comme l' « Izmaïl » et des croiseurs légers de la classe « Svetlana ». La coque épaisse, d'un diamètre maximal de 4,76 m, était calculée pour une profondeur d'immersion maximale de 90 m. Elle était fusiforme, avec un passage harmonieux d'un diamètre à l'autre. Pour ce faire, il a fallu joindre les feuilles de métal avec des rivets pré-chauffés. Ces feuilles étaient régulièrement espacés de 500 mm.

Pour la première fois pour la construction navale en Russie, le corps du sous-marin était divisé en cloisons étanches. Cinq cloisons concaves et une cloison plate divisaient la coque en sept tranches, la première étant la plus importante. On y avait placé une grande partie des torpilles, de leur appareillage et les locaux vie de l'équipage. Les cloisons étaient percées d'écoutilles de 80 cm de diamètre, obturables grâce à des panneaux étanches à crémaillère. La paroi des cloisons concaves étaient calculées pour résister à une pression de 9 kg/cm², correspondant à la profondeur limite d'immersion. La section-refuge est devenu la quatrième tranche, celle du central, dans laquelle se concentraient les dispositifs de conduite et de contrôle du bâtiment, et de lutte contre les sinistres.

C'est dans cette tranche qu'en plongée se situait le Central (GKP), ouvert vers le bas et vers le haut par des panneaux de faible dimension, qui pouvaient servir comme évacuation de secours du sous-marin.

L'immersion et le retour en surface s'effectuaient au moyens de ballasts (deux aux extrémités, six paires latérales, et de deux ballasts centraux principaux), une caisse d'immersion rapide, des collecteurs d'air HP et BP. Ce dernier utilisait un tuyautage élaboré par la société « Brown-Boveri». Les purges des ballasts principaux étaient commandées par des vérins pneumatiques et des vannes manuelles. Leur remplissage s'effectuait uniquement par des vannes Kingston manuelles. Deux caisses d'assiette assuraient le réglage longitudinal. Les commandes de secours pour l'air HP étaient disposées dans les tranches I et VII. Contrairement aux habitudes antérieures, les citernes du ballast principal se remplissaient d'eau par pression naturelle et non plus à l'aide de pompes, ce qui permit de réduire le temps de prise d'immersion à 30 s (à comparer aux 3 minutes des sous-marins du type Bars). Certains ballasts pouvaient être utilisés comme réservoirs de combustible.

Pour la marche en surface, le sous-marin faisait appel à deux moteurs principaux, des Diesel de la société allemande Man pour les trois premières unités. Ils avaient été achetés soit-disant pour les premières locomotives diesel soviétiques. Simultanément la production de tels moteurs Diesel était organisée à l'usine Kolomen de Kuybishev sous la référence 42-B-6. Ils ont équipé les trois unités suivantes de la série.

Les moteurs étaient accouplés aux lignes d'arbre avec des embrayeurs à friction de la société «Bamag». Les soutes internes de la coque épaisse ne contenaient que 39 t de combustible, le reste (89 t) était stocké dans les ballasts-soutes. Pour certains sous-mariniers, il s'agissait d'une faute de conception, parce qu'un dommage de la coque légère démasquait invariablement le sous-marin en laissant apparaître des traces de combustible en surface. Mais c'était le seul moyen d'atteindre l'autonomie annoncée.

L'autonomie en plongée a été obtenue par l'utilisation de moteurs à double induit, les PG-20. Un induit permettait d'obtenir une puissance de 525 Cv pour la marche à grande vitesse, l'autre induit une puissance de 25 Cv pour la vitesse économique. En plongée, ces moteurs étaient alimentés par la batterie d'accumulateurs. Elle était divisée en quatre groupes installés dans des fosses hermétiques. Chaque fosse disposait d'un système de ventilation et d'un système de combustion de l'hydrogène [cette information paraît curieuse, puisque sur les sous-marins français l'hydrogène n'était pas brûlé, mais dispersé et évacué]. L'emplacement des groupes facilitait la maintenance des éléments, mais la grande hauteur de leurs fosses diminuait le volume disponible, au détriment des surfaces habitables. L'habitabilité correspondait au standard de l'époque : les officiers disposaient de cabines, la moitié des marins étaient logés dans la tranche avant. L'installation d'un dispositif de régénération de l'air permettait pour la première fois en Russie à un sous-marin de rester en immersion pendant 72 heures.

Les barres de plongée et le gouvernail étaient équipés de vérins électriques et de commandes manuelles. Les communications entre les tranches s'effectuait par des tubes porte-voix.

L'armement principal se composait de 8 tubes lance-torpilles, avec un stock de 14 torpilles comme la 53-27 (vitesse 45 noeuds, portée 4100 yards, masse de la charge 265 kg). Si les sous-marins ont été équipés de tubes de 533 mm, les torpilles de ce diamètre n'existaient pas encore au moment de leur admission au service actif. Pour leur entraînement, les sous-marins ont donc mis en oeuvre des torpilles de 450 mm avec des entretoises dans les tubes.

Un canon modèle B-2 de 102 mm (longueur 45 calibres, angle d'élévation 60° maximum) était installé sur le massif, ainsi qu'un canon automatique contre-avions de 37 mm. Le canon de 102 mm disposait de 118 cartouches de réserve, dont 91 dans des caissons sur la passerelle. L'artillerie devait à l'origine comprendre deux canons de 102 mm derrière masque sur le pont supérieur, devant et derrière le massif. Cependant au cours de l'élaboration du projet, des craintes sont apparues sur le risque de voir cet armement rendu inefficace par l'état de la mer. On a donc pris la décision d'installer le canon de 102 avant sur la passerelle, et de remplacer le canon arrière par un canon de DCA de 37 mm installé lui aussi sur le massif. Mais cette disposition du canon de 102 mm s'est révélé très gênante par la suite, entravant le travail de passerelle, le quart, ainsi que les manoeuvres d'amarrage.

Au cours des indisponibilités pour entretien et réparation, entre 1936 et 1941, les sous-marins ont été modifiés. Le canon avant a été installé sur le pont. La passerelle a été ré-aménagée en conséquence. Le canon de DCA a été remplacé par un canon 21K de 45 mm (500 cartouches). Cette nouvelle disposition, tout en améliorant les conditions du quart en surface, a fortement contribué à améliorer la stabilité du sous-marin, en réduisant son roulis. Un équipement radio-électrique plus performant a aussi été installé. [Le D-4 avait une dotation différente, un canon de 100 mm et un mitrailleuse de 12,7mm].

En plongée, deux périscopes, l'un d'attaque et l'autre de veille étaient utilisés. Ce dernier permettait aussi de faire de la veille nocturne et aérienne. Des hydrophones permettaient de faire des relèvements de sources acoustiques, et les sous-marins pouvaient communiquer grâce à un téléphone sous-marin. La radio permettait d'obtenir des contacts à plus de 200 nautiques. Les systèmes de navigation comprenaient un compas gyroscopique Sperry et un loch Forbes.

Le bâtiment tête de série a atteint la vitesse maximale de 15,3 noeuds en plongée. La prise d'immersion s'est faite en 1,5 minute (au lieu des 30 secondes du cahier des charges), la hauteur initiale métacentrique en surface était de 30 cm, et elle n'était que de 15 cm en plongée.

Ces essais, comme quelques essais du D-4, sont devenus difficiles, non pas tant par les défauts imputables au constructeur que par l'accusation de sabotage prononcée par l'OGPU contre les principaux responsables du projet. Malinin, Kryuger et Vassilevskiy, arrêtés par la suite. Ils n'ont pu prendre qu'une participation limitée à la correction des défauts, inévitables dans tout nouveau projet.

Les plus criants étaient une forte inclinaison à la prise d'immersion et la déformation par la pression du siège de la vanne Kingston de la caisse d'immersion rapide. Le premier phénomène s'expliquait par un transfert de l'eau d'un bord sur l'autre dans les citernes du ballast principal. Les citernes ont donc été divisées latéralement, et des purges particulières ont été installées. Le mécanisme de la vanne Kingston a lui aussi été modifié. La surcharge constatée (près de 10 t) a été éliminée par la suppression de l'ancre sous-marine et du cabestan arrière, mais sur les bâtiments servant en Baltique, on a rajouté sept réservoirs cylindriques pour accroître la flottabilité.

Ces défauts éliminés, les bâtiments du type D ont pu être considérés comme réussis, et répondant bien aux besoins définis. Ils ont pu affronter les dures conditions que l'on rencontre en flotte du Nord.

 

Exploitation

A l'origine, quatre sous-marins étaient affectés à la flotte du Nord (D-1 à D-4) et deux à la flotte de mer Noire (D-5 et D-6). L'avancée des troupes allemandes a néanmoins empêché le D-2 qui sortait d'entretien à Leningrad de regagner sa flotte d'appartenance. Il a donc été affecté à la flotte de Baltique.

Le D-1 a disparu le 13 novembre 1940 après un entretien consécutif à ses trois missions de combat au cours de la  guerre d'Hiver entre l'URSS et la Finlande. Le D-6 de son côté n'a pu effectuer aucune mission, étant encore en entretien lors de l'irruption des forces allemandes à Sebastopol. Au total, les unités opérationnelles ont effectué 49 missions de combat d'une durée totale de 708 jours sur une durée totale d'engagement de 2843 jours, ce qui représente en moyenne 8 missions par unité pour une durée de 118 jours. La durée moyenne d'un mission de combat s'établit à un peu plus de 14 jours, le délai moyen entre mission s'établissant à 45 jours. Ceci ne prend pas en compte le cas du D-2 dont la durée moyenne entre missions s'établit à 313 jours, du fait du blocus du port de Leningrad.

Les unités affectées en mer Noire ont effectué 8 missions de ravitaillement de Sebastopol (missions volontairement incluses dans le total des missions de combat), transportant 243,2 t de munitions, 157,6 de ravitaillement et 109 de carburant. Elles ont pu évacuer 225 personnes vers le Caucase.

Enfin, pour les six unités, la durée moyenne de service opérationnel est d'un peu moins de 10 ans, durée qui exclut les entretiens, les réparations, l'emploi exclusif pour l'entraînement ....

Le D-3 a été la première unité de la flotte à recevoir le titre d'unité de la Garde et être décorée de l'Ordre du Drapeau Rouge.

Deux sous-marins ont survécu. L'un d'entre eux, le «D-2» est conservé comme mémorial à St Petersburg. Il peut être visité en ligne sur le suite suivant : http://sub.atomlink.ru/dekabri/otsek_1.htm

 

Évolution du parc en ligne

L'évolution du parc au cours du temps a été la suivante

Attention

On peut s'étonner que le nombre d'unités ne soit pas un nombre entier. En effet, on a ramené cette disponibilité au mois. C'est à dire qu'un sous-marin disponible 4 mois sur 12 ne vaut que 0,33 de sous-marin.

 

Evolutions du projet

A la différence des autres série, le type D ne connaîtra aucun développement. Les grands sous-marins suivants ont été ceux des série IV type P et XIV type K.

Dernier mise à jour: 2 janvier 2017

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