Cherchez avec freefind

 

Inactif Inactif Inactif

Les premières esquisses du projet sont élaborées en 1934 par l'institut NIVK qui dépend de la marine. Il s'agit d'un sous-marin croiseur d'escadre dont la vitesse maximale en surface doit atteindre 24 noeuds. Le projet est approuvé en 1936. 62 unités étaient planifiées à l'origine, mais 12 constructions seulement ont pu être entreprises avant ou pendant le 2ème conflit mondial, six au chantier n°194, trois au chantier n°196 et trois au chantier n°189, tous ces chantiers étant situés à Leningrad. Les six du premier chantier étaient à l'origine destinés à la flotte du Pacifique, qui n'en recevra aucun. Ils auraient été construits au chantier Dalzavod de Vladivostok, mais cette disposition est abandonnée en 1939.

Onze unités atteindront le stade du service actif. La série a été interrompue après la guerre, le projet 611 se révélant plus prometteur en terme de performances et d'évolution.

Ces sous-marins représentent la deuxième tentative soviétique de construction de sous-marins océaniques après les Types IV alias Type P.

Si leur configuration générale paraît prometteuse, il va rapidement se révéler que leur réalisation n'est pas à la hauteur des moyens industriels et navals de cette puissance à l'époque. De très nombreux défauts ou choix techniques vont rapidement obérer leur mise en oeuvre opérationnelle.

Parmi les défauts techniques, on peut retenir une consommation spécifique trop élevée des moteurs Diesels principaux, qui est près de deux fois supérieure à celle escomptée. Les questions de stabilité constituent aussi un grave problème, puisque dans certaines situations de chargement (ballasts centraux vides, sans mines embarquées..), cette stabilité n'est pas garantie. De plus, les formes de coque n'étant pas optimisées pour les mers fortes que l'on peut rencontrer dans les mers arctiques, les commandants sont obligés de réduire drastiquement la vitesse en surface et doivent opter pour des caps plus maniables, avec une vitesse plus faible. Ce qui réduit considérablement les délais de ralliement des zones de patrouille, et peut empêcher la poursuite de cibles de surface. Les calculs de résistance des matériaux ont aussi posé problème, des fissures ayant souvent affecté la coque externe dès lors que la dotation en mines était embarquée. Pour ne rien arranger, le système de mouillage de ces mines s'est aussi révélé trop simpliste. L'erreur incroyable de ne pas équiper ces submersibles de système anti-bulles pour les tubes lance-torpilles dès l'origine va tempérer l'ardeur des équipages à lancer à faible profondeur ou à petite distance de la cible. Les sous-marins restent donc éloignés des côtes ennemies et la probabilité d'attaque du trafic adverse s'en trouve d'autant plus réduite. On peut aussi noter que par rapport à leurs équivalents allemands de l'époque qui ont atteint ou dépassé 250 m, la profondeur d'immersion maximale (100 m) reste faible.

Enfin, et cette constatation est valable pour tous les sous-marins soviétiques de la période, les appareils électriques sont d'un fonctionnement beaucoup trop bruyants, ce qui nuit à la discrétion acoustique, tout comme les systèmes d'écoute passive qui sont dépassés. Les attaques surprises sont dès lors quasiment impossibles.

Dans ces conditions, on ne peut que saluer le courage et l'abnégation des équipages qui les ont servis !!!!

Sur les onze sous-marins de la série admis au service actif, 5 ont été perdus au combat en flotte du Nord (2 en 1942 et 3 en 1943). Les six autres ont servi jusqu'en 1956, avant d'être modifiés en stations de rechargement à flot. L'un d'entre eux, le K-56, a été transformé en sous-marin d'expérimentation et coulé lors d'un essai nucléaire dans la baie Chornaya de l'archipel de Novaya Zemlya en 1957. Le kiosque du K-21 a été érigé en mémorial à Severomorsk.

Deux sous-marins ont été décorés de l'ordre du Drapeau Rouge (K-21 et K-52), un troisième, le K-22 ayant obtenu la distinction d'unité de la Garde.

Le site book.uraic.ru donne le résultat suivant pour les actions accomplies par les sous-marins de cette classe ayant participé au 2ème conflit mondial. Ils auraient coulé 37 navires pour 82597 tjb, ainsi que 20 bâtiments de combat et de soutien. De la même manière, ils auraient endommagé 8 navires (35216 tjb) et 4 bâtiments ennemis. Ces résultats se répartiraient entre:

- 16 navires (43195 tjb), 5 bâtiments de combat et 4 de soutien coulés à la torpille

- 12 navires (33997 tjb) et 5 bâtiments de combat coulés sur mine (toutes mouillées par les sous-marins de flotte du Nord)

- 9 navires (5405 tjb), 3 bâtiments de combat et 3 auxiliaires coulés au canon

Ces résultats sont difficiles à corréler. Avec les sources consultées, on ne peut qu'établir les constats suivants:

- 10 unités ont participé à ce conflit, 6 en flotte du Nord (5 coulées, 2 en 1942 et 3 en 1943) et 4 en Baltique. Elles ont accompli 66 missions de combat (55 en flotte du Nord) pour une durée totale de 1013 jours (784 en flotte du Nord).

- la durée moyenne des missions s'établit à 14 jours en flotte du Nord pour 21 en Baltique. Ce qui est très loin des 50 jours d'autonomie espérés à la mise en service.

- ces unités ont mouillé au moins 366 mines dans la zone d'opérations du Nord

En 1948, les 4 unités de la flotte de Baltique ont été affectées à la flotte du Nord. Le dernier est retiré du service en décembre 1956.

Dernière mise à jour: 1er décembre 2016

© Soumarsov 2008 /2016

[Home][Sous-marins][1917 à 1945][Série 14]