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Nom russe SKAT (СКАТ)  [raie, poisson torpille]

Code OTAN CHARLIE I

Classification soviétique Croiseur sous-marin (KрПЛ ) [KrPL]

Classification OTAN SSGN

Vue latérale

Copyright inconnu

K-212, après modernisation

Copyright inconnu

On note entre autres la forme différente du carénage du sonar à l'avant, les hélices en tandem, le plan hydrodynamique devant le kiosque ...

Moins visible, le plan hydrodynamique sur l'empennage vertical arrière

 

La finalité première du projet 670 était de construire en grand nombre un sous-marin lance-missiles anti-surface à un prix peu élevé. Il devait compléter le projet 661, d'un prix très important. Les deux projets étaient conçus avant tout pour l'attaque des porte-avions de l'adversaire. Mais, du fait de son prix, et probablement du trop grand nombre de solutions innovantes, le projet 661 n'a été construit qu'à un seul exemplaire.

Le choix d'un bureau d'ingénierie alternatif au bureau " Rubin" peut s'expliquer par deux motifs très différents. Soit "Rubin" était alors surchargé de travail, soit la marine soviétique est allée à la recherche de nouvelles solutions techniques, pour se dégager de l'emprise quasi-monopolistique de "Rubin" .

 

A la fin des années 50, des travaux sont entrepris en URSS pour la construction en grande série de sous-marins nucléaires de 2ème génération, capables de remplir des missions diverses. L'attaque des porte-avions et des grands bâtiments adverses faisait partie de ces missions.

Après examen d'une série de proposition émanant de divers bureaux d'études, la conception d'un sous-marin nucléaire plus simple et plus économique fut confiée en mai 1960 au SKB-1122, sous le nom de projet 670 «SKAT» . Il devrait être optimisé pour la frappe des bâtiments et navires de l'adversaire, groupés ou non en convois, à l'aide de missiles aérodynamiques et de torpilles. Le SKB-112 avait été créé en 1953 au sein du chantier «Krasnoe Sormovo» . Il avait eu auparavant la charge de travaux pour le projet 613, notamment la préparation des liasses de documentation destinées à la Chine Populaire. Le projet 670 représentait donc pour lui un défi important.

Les travaux du bureau d'ingénierie reposaient sur les équipements électroniques, énergétiques et autres, préparés par l'industrie pour la production en série de sous-marins nucléaires de 2ème génération. Ils faisaient aussi appel à une partie des systèmes missiles prévus pour la construction du projet 661. La coque devait être construite en acier. Le projet était conçu pour la construction dans des usines situées à l'intérieur du pays, et spécialisées dans la construction de sous-marins. Il présentait un déplacement réduit et devait être mis à l'eau en un lieu, et transporté par les voies d'eau intérieures en un autre pour sa finition et remise à la marine.

Pour se plier aux demandes de la flotte, sa capacité en missiles fut réduite à 8 missiles Ametist. On accepta de limiter sa profondeur d'immersion, par rapport aux autres sous-marins nucléaires de 2ème génération. On opta de même pour une ligne d'arbre unique et un seul réacteur nucléaire qui offrait une puissance divisée par quatre par rapport à celui du projet 661. La partie avant était en forme de double 8 vertical, pour une disposition aussi compacte que possible des tubes lance-missiles. La conception du projet 670 se fit selon un rythme très rapide à l'instar des autres projets de sous-marins nucléaires de 2ème génération. Ce rythme n'a pu être suivi par les systèmes d'armes missile, les turbo-réducteurs, les sonars, etc... Certains équipements prévus à l'origine n'ont donc pas été installés sur les sous-marins construits. Deux modifications du projet en ont découlé, la seconde entraînant un allongement de 4 m.

Le projet 670 se différenciait des sous-marins lance-missiles aérodynamiques de 1ère génération (projet 659 et 675) par son équipement en missiles anti surface «Ametist» lancés en plongée.

L'une des plus importantes difficultés à résoudre fut celle de la construction à Gorky (Nizhniy – Novgorod) au centre même de la Russie. Il fallait en effet parcourir plus de mille kilomètres pour atteindre la mer la plus proche. Cette disposition imposait de sérieuses limitations de taille et de déplacement pour permettre le transit par les canaux intérieurs de l'Union. On pensait à l'origine transférer les sous-marins du projet 670 vers la mer Noire. Mais la  question  du franchissement des détroits turcs a fait rejeter cette option.

Toutes ces contraintes ont conduit les ingénieurs à adopter (et à «imposer» au client) toute une série de solutions techniques inaccoutumées dans la marine soviétique, allant même à l'encontre des «Règles de conception des sous-marins» . On peut citer la ligne d'arbre unique, la  flottabilité positive même en cas de l'envahissement de l'une des tranches... Toutes ces dispositions ont permis de rester dans les critères définis notamment le déplacement de 2400 tonnes (celui s'élèvera par la suite à plus de 3000 tonnes, par suite de modifications). Un dock spécialisé (projet 1753) assura le transport des sous-marins sur les canaux.

Le gabarit plus compact par rapport aux autres sous-marins nucléaires de 2ème génération, plus lourds et plus puissants, poussa à l'adoption du sonar «Kerch» au lieu du «Rubin» .

Les travaux d'élaboration du système d'armes « Ametist» ont débuté à l'OKB-52 en 1959. Il avait fait l'objet d'un accord gouvernemental le 1er avril 1959. Contrairement aux missiles P-6 et P-35 de 1ère génération, qui utilisaient des turbo-réacteurs, le nouveau missile lancé en plongée était propulsé par un moteur fusée à propergols solides, pour l'obtention d'une plus grande portée. Ce choix résultait des limites technologiques des années 50 en ce qui concerne le démarrage du turbo réacteur après l'émersion du missile.

Les essais du missile «Ametist» ont débuté en 1961. Il pouvait être lancé jusqu'à 30 m de profondeur à une vitesse maximale de 5,5 noeuds et par mer 5. Le système d'armes utilisait les données de l'ensemble acoustique «Kerch-670 » , de la centrale de navigation «Sigma-670» , ainsi que celle de la direction de lancement «Ladoga P-670» (relèvement, taux de variation, distance du but, mouvement de plate-forme du porteur, son cap, sa vitesse). D'une portée de 80 km, le missile volait selon une trajectoire de faible altitude (50 à 60 m), pouvait de lui-même choisir la cible la plus importante. La préparation du lancement pouvait être effectuée simultanément pour quatre missiles par le système analogique «Ametist». L'ensemble de la dotation pouvait donc être lancé en deux salves. Les sous marins du projet 670 pouvaient pister les porte-avions pendant de longues périodes et les frapper le moment venu. Ils étaient d'autant plus dangereux et difficiles à contrer qu'ils étaient beaucoup plus silencieux que les sous marins nucléaires polyvalents des première et deuxième générations et que le temps de vol du missile était très court.

L'acceptation du nouveau projet a eu lieu en juillet 1963. Il présentait une structure mixte, simple coque du milieu à l'arrière et double coque sur les 21 premiers mètres à l'avant. La coque externe était fusiforme et l'avant présentait une section en double huit vertical pour accueillir les tubes missiles. La forme de l'avant a permis d'installer les tubes missiles tout en conservant une largeur assez faible. Cette disposition permettait aussi de garder une forme hydrodynamique caractéristique des sous-marins mono-hélices modernes. Mais cela a quelque peu compliqué la structure du sous-marin notamment au niveau du raccord entre l'avant elliptique et la coque épaisse cylindrique.

L'utilisation d'un système acoustique de grand taille et la volonté de réduire au maximum le masque de détection vers l'arrière ont conduit à l' "abaissement" de l'avant. Pour les mêmes raisons, une partie des appareils a été installée dans la section supérieure de la tranche avant.

Les barres de plongée avant ont été déplacées vers la partie centrale. Par la suite, au cours des modernisations, on a installé  (à l'avant du kiosque) un plan stabilisateur destiné à compenser la tendance à monter provoquée par le nez quelque peu «camus» . [Ce plan a été complété par un autre plan posé au pied de la partie supérieure de l'empennage arrière]

C'était le seul sous marin soviétique de 2ème génération (à l'exclusion du projet 670M) avec une profondeur limite d'immersion de 300 m. La taille du bâtiment et l'importance de l'armement embarqué n'avaient pas permis de choisir une coque résistante plus épaisse.

Celle-ci était en acier haute résistance AK-29. La coque externe, les superstructures et les ensemble mobiles (safrans, barres de plongée, ...) en acier à faible signature magnétique ou en alliage aluminium – magnésium. Le carénage des installations acoustiques et des plans de dérive étaient en alliage de titane. Un tel mélange de métaux ne pouvait qu'engendrer des couples galvaniques qu'il a fallu combattre par des mesures classiques (anodes de zone, couches de protection, etc...).

La coque épaisse était divisée par des cloisons étanches en sept tranches :

1ère – Torpilles , locaux vie, batterie avant

2ème – Locaux – vie

3ème - Central , batterie arrière

4ème – Auxiliaires AV

5ème – Réacteur

6ème – Turbine

7ème – Auxiliaires AR

Les cloisons étanches étaient calculées pour résister à une pression de 15 Kg /cm² .

La réduction du niveau acoustique à grande vitesse et la recherche d'une hydrodynamique améliorée ont conduit au masquage des dalots et des orifices de ventilation, et à un massif en forme de «limousine» .

L'installation énergétique principale présentait de fortes similitudes avec l'installation équivalente double des projets 671. Dénommée OK-350, elle faisait appel à un réacteur en eau pressurisée VM-4 (89,2 Mw). La turbine GTZA-631, d'une puissance de 15000 CV, entraînait une hélice à 5 pales (remplacée par deux hélices quadrilobées montées en tandem au cours de modernisations ultérieures). Deux hydrojets auxiliaires à moteur électrique (270 Kw) permettaient d'atteindre une vitesse de 5 noeuds. Ils apportaient une sécurité supplémentaire, le bâtiment ne disposant que d'une seule ligne d'arbre.

Tout comme pour les autres sous marins nucléaires de 2ème génération, on avait opté pour un courant force triphasé de 380 V 50 Hz. Il était produit par deux turbo-alternateurs TMVV-2 (2000 kW unitaire), un diesel alternateur de secours de 500 kW. Toute cette centrale était contrôlée à distance par un système automatisé. L'ensemble était complété de deux batteries d'accumulateurs (à 112 éléments chacune).

Pour les sous marins de projet 670, on mit au point un réacteur de forte puissance. Il n'avait pas de pompe de décharge (circulation?), mais conformément à l'habitude, les pompes des collecteurs 3 et 4 étaient installés dans des sections contiguës du réacteur. Une telle disposition permettait d'assurer le refroidissement du réacteur en cas d'avarie électrique ou d'une rupture sur l'un des collecteurs. Les conduites d'eau de refroidissement du réacteur étaient simplifiées au maximum, notamment du fait de l'absence des liaisons traditionnelles entre les deux bords.

Tous les mécanismes étaient montés sur des dispositifs amortisseurs. Les cloisons et les planchers étaient recouverts d'un revêtement acoustique. Toutes les surfaces externes de la coque légère, des super structures et du massif étaient recouvertes de caoutchouc anéchoïque. Il en allait de même pour la coque épaisse. De ce fait, le bâtiment mono hélice et mono turbine présentait un niveau acoustique remarquablement bas pour l'époque. (le projet 670 était présenté comme le sous marin de 2ème génération le plus «discret» du pays). A vitesse maximale, le niveau n'excédait pas 80 décibels, 110 en gamme haute fréquence et basse fréquence. La plupart des bruits parasites coïncidaient avec le bruit de fond ambiant de la mer.

La signature magnétique était réduite grâce à l'utilisation de circuits de démagnétisation.

Le système hydraulique se composait de 3 sous systèmes autonomes, alimentant tous les appareils hydrauliques du bord, les portes des tubes missiles, les barres de plongée, le gouvernail. En cours d'exploitation, il a fallu remplacer le liquide hydraulique d'origine qui occasionnait des céphalées constantes à l'équipage et présentait un risque d'inflammabilité élevé.

L'installation d'un système de régénération de l'air par électrolyse a permis de se débarrasser d'une autre source d'incendie, les cartouches d'oxygène. L'extinction au fréon faisait aussi partie des moyens de lutte contre l'incendie.

Le bâtiment disposait d'une centrale inertielle de navigation «Sigma-670» une fois et demi plus précise que les centrales de navigation des sous marins nucléaires de 1ère génération. L'ensemble acoustique «Kerch» permettait une détection à 13 nautiques. Un système de combat tactique BIUS «Brest» assurait la gestion de tous les systèmes de combat du bord.

Pour être mis en oeuvre par un équipage réduit, le sous marin était nettement plus automatisé que les sous marins de la génération précédente. En particulier, la gestion des caps et profondeur, la stabilité avec ou sans erre, les processus d'immersion et de reprise de vue, la lutte contre les voies d'eau accidentelles, la préparation au lancement des missiles et des torpilles etc... étaient concernés.

Les conditions de vie furent quelque peu améliorées, chaque membre d'équipage dormait dans sa couchette. Les officiers disposaient d'un carré et les michmen et les hommes d'équipage de locaux pour leur repas. Une attention avait été attachée à l'aménagement intérieur. L'éclairage intérieur était réalisé avec des lampes lumière du jour.

Le projet 670 a fait preuve d'un haut niveau de conception. Le déplacement standard équivalait à celui d'un sous-marin multi-missions du projet 671, conçu à la même époque, et il atteignait une vitesse supérieure à celle des sous-marins du projet 675 pour une puissance deux fois moindre.

La dotation était de 8 missiles Ametist (SS-N-7) disposés en tubes de lancement SM-97A. Installés à l'avant du sous-marin, répartis de chaque bord, à l'extérieur de la coque épaisse, ils étaient inclinés de 32,5 ° par rapport à l'horizon. Ces installations ressemblaient tout à fait à celle du sous-marin du projet 661. Le missile P-70 (4K66) à propergols solides avait une masse de 2900 kg au lancement. D'une portée maximale de 80 km, il volait à la vitesse de 1160 km/h. Présentant un profil  aérodynamique classique, son aile se dépliait après la sortie du tube. Le vol s'effectuait à une altitude relativement faible (50 à 60 m), ce qui compliquait la tâche des systèmes anti-aériens des navires ennemis. La dotation habituelle comprenait deux missiles à tête nucléaire (200 kt) et six autres missiles à charge classique (1 tonne).

Les torpilles étaient regroupées à l'avant du sous-marins. Quatre tubes de 533 mm permettaient de lancer les douze torpilles 53-65 K et SET-65, ainsi que (selon certaines sources) deux tubes de 400 mm (quatre torpilles SET-40]. 26 mines pouvaient être emportées en lieu et place des torpilles. Des leurres MG-14 ANABAR étaient compris dans la dotation en torpilles.

 

Entre 1967 et 1973, 11 sous-marins du projet 670 furent construits à Gorky. Après transport sur un dock spécial sur la Volga, le système de canaux Marinskiy et le canal de la mer Blanche, les sous-marins parvenaient à Severodvinsk, où se déroulaient leur achèvement, leurs essais et leur remise à la marine.

 

L'acte d'admission du service actif du premier sous-marin du projet, le K-43, fut signé en temps et heure le 6 novembre 1967, à la veille du 50ème anniversaire de la Révolution d'Octobre. Le 3 juillet 1968, le système d'armes «AMETIST» et le missile P-70 ont été acceptés par la marine. Le K-43 a été rattaché à la 11ème division de la 1ère flottille de sous-marins de la flotte du Nord.

Les sous-marins ont commencé leur service opérationnel en 1972. Ils ont assuré le pistage des porte-avions US, ont pris part aux exercices les plus importants comme «OKEAN-75» , «SEVER-77» «RAZBEG-81» etc...

Le projet 670 a reçu le nom de code «Charlie» (I) à l'ouest. Son apparition a nettement compliqué le travail des groupe de porte-avions US. Plus silencieux que ses prédécesseurs des projets 675, ils étaient moins exposés aux systèmes ASM de l'adversaire. Le lancement en plongée du missile « AMETIST» lui permettait de porter des coups très durs. La portée sensiblement faible du missile imposait au sous-marin de s'approcher jusqu'à 30 nautiques. Mais la réduction concomitante du temps de vol compliquait encore la tâche de la défense de l'adversaire.

 

Le théâtre d'action préférentiel des projets 670 a été la Méditerranée, qui cristallisait les tensions soviéto-américaines. La cible désignée des sous-marins du projet 670 étaient les PA de la 6ème flotte. Il faut reconnaître que les conditions géographiques de la Méditerranée venaient compliquer la tâche des forces US. L'inquiétude du commandant US a certainement cru d'un cran, lorsque qu'en mai 1972, le K-313 s'est livré à une démonstration de tir de missiles.

Ce champ d'action s'est progressivement élargi. Entre janvier et mars 1974, le K-201, avec le K-314, a accompli un voyage de 107 jours qui restera dans le annales. Partis de la flotte du Nord, ils rallièrent la flotte du Pacifique, après avoir traversé l'océan Atlantique et l'océan Indien. Ils ne feront qu'une courte escale à Berbera en Somalie entre le 10 et le 25 mars 1974.

 

En avril 1977, le K-429 rejoignit la flotte du Pacifique en suivant la route maritime du Nord (Sevrmorput). Entre août et septembre 1979, le K-302 effectuera ce transit qui durera 20 jours. Il sera suivi ultérieurement sur cette voie par les K-43 (1980) – le K-121 (1977) – le K-143 (1983) – le K-308 (1985) et le K-313 (1986). Entre le 22 août et le 6 septembre 1978, les K-212 et K-325 effectuent un transit historique en groupe sous le banquise vers le Pacifique. Il était prévu à l'origine que chacun des sous-marins effectue chacun à son tour le voyage entre la mer de Barents et la mer des Choukches, le premier sous-marin signalant son arrivée au second. Mais cette option est  écartée, au profit d'un transit en groupe. La disposition d'un seul réacteur par sous-marin semblait rendre préférable cette option. Les sous-marins ont donc effectué leur voyage en restant constamment en contact par téléphone sous-marin.

En flotte du Pacifique, tous les sous-marins du projet 670 ont été rattachés à la 10ème diviziya de la 2ème flottille de sous-marins . Ils avaient pour mission de pister les porte-avions américains. On peut citer le long pistage du Coral Sea  par le K-201 en décembre 1980 (il recevra les félicitations du Commandant en chef). Le nombre de sous-marins nucléaires ASM n'étant pas suffisant dans cette flotte, les projets 670 ont aussi participé aux missions de protection des zones de patrouille des SNLE soviétiques contre les sous-marins US.

 

Une partie des sous-marins a reçu une modernisation qui prévoyait  le remplacement du sonar Kerch par le sonar Rubikon et l'installation d'un stabilisateur hydrodynamique sur l'avant du massif (comme pour les projets 670 M). Toutes les unités ont vu le remplacement de leur hélice à 5 pales par deux hélices à 4 pales en tandem. Le K-87 a reçu tout à l'arrière une station expérimentale OGS avec antenne remorquée. Mais celle-ci  n'a pas été installée sur les autres bâtiments, n'ayant pas fait preuve de son efficacité.

 

L'un des sous-marins du projet 670 est devenu le premier sous-marin nucléaire indien. Dans les années 70, cette marine tentait de mettre au point un sous-marin nucléaire national. Mais, malgré plusieurs années de travail et un investissement conséquent, elle n'y était pas parvenue. Elle s'adressa alors à l'URSS pour en louer un. Son choix se porta sur le projet Skat. A partir de 1983, deux équipages indiens furent formés durant un an au Centre d'entraînement de la flotte de Vladivostok, puis à bord du S-43. A cette époque, il était en IPER, pour y recevoir le sonar Rubikon  et être modifié en projet 06709 Boksit. Cette IPER a  aussi été mise à profit pour installer une nouvelle centrale de conditionnement d'air, de nouvelles cabines pour les officiers, de nouvelles couchettes pour l'équipage, pour retirer tous les systèmes confidentiels de transmission et de commandement. A l'été 1987, le sous-marin était paré. Le 5 janvier 1988, le K-43 (renommé UTS-550) passa sous pavillon indien, et avec un équipage russe fit route vers l'Inde.

Une base particulière avait été préparée pour accueillir le S71 Chakra: quai particulier avec une grue d'une puissance de 60 tonnes, un service de protection radiologique, un dock couvert, des ateliers. Le bord était alimenté en eau, air réfrigéré et électricité par le quai. Le Chakra fut exploité pendant trois ans en Inde, dont environ un an de navigation autonome. Tous les tirs de missile d'exercice furent réussis. La location s'acheva le 5 janvier 1991, malgré le souhait de l'Inde de la prolonger et de l'étendre à un autre sous-marin. Mais Mikhail Gorbachev s'y opposa (probablement sous la pression des États-Unis). La location de ce bâtiment fut riche d'enseignements pour la marine indienne. Les officiers ayant servi à bord occupèrent par la suite des postes clefs. Huit sont devenus amiraux. Les travaux sur le projet national S-2 ont ainsi pu se poursuivre. Le Chakra réintégra la flotte soviétique  le 1er mars  1991. Il a été désarmé le 3 juillet 1992.

 

Le 23 juin 1983, le K-429 coule à 39 m de profondeur dans la baie de Sarannaya (Kamchatka) au cours d'une relève d'équipage à chaud avec 121 personnes à bord, suite à des travaux de réparation après mission opérationnelle non achevés ni contrôlés, l'équipage de réserve étant incomplet et pas formé. L'accident entraîne la mort de 16 hommes. Renfloué, le sous-marin coule à nouveau. Renfloué, il ne sert plus qu'à des tâches d'instruction sous le nom d'UTS-130.

Toutes les autres unités ont été désarmées entre 1990 et 1994, le dernier l'étant le 5 juillet 1994.

Dernière mise à jour: septembre 2007

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