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Nom russe ?

Code OTAN JULIETT

Catégorie russe Sous-marin lance-missiles aérodynamiques (ДПЛКР) [DPLKR]

Catégorie OTAN SSG

Vue latérale (copyright inconnu)

Vue latérale tubes lance-missiles levés (copyright inconnu  )

 

Ces données, bien entendu  partielles du fait du peu de sources de documentation, montrent que les sous-marins du projet 651 ont eu une durée de service moyenne de 24,59 ans et ont été en ligne en moyenne 78,97 % de cette durée (voir NB). Les derniers projets 651 ont figuré à l'inventaire soviéto-russe jusqu'en 1993.

On peut aussi noter que les premiers ont connu un phénomène de corrosion très important, particulièrement les 5 premiers, à cause de l'acier faiblement magnétique 45G17YUZ utilisé. Les six premiers sont livrés sans protection anéchoïque dont ils ne seront dotés qu'au cours de leur première IPER. Première qui arrive dans un délai très court de 1 à 7 ans pour les 14 premiers, à comparer aux dix ans standard de la construction navale soviétique.

Deux d'entre eux ont été érigés en musée. Mais seul subsiste aujourd'hui celui de Peenemünde en Allemagne, celui de Providence aux USA ayant été gravement endommagé au passage d'un cyclone, et démantelé.

 

I. Prémices du projet

Le projet 651 est le premier et unique projet de sous-marin à propulsion non nucléaire spécifiquement conçu pour l'emport de missiles aérodynamiques anti-terre dans un premier temps (jusque 1966, au retrait du service du missile P-5), puis anti-surface pour l'attaque des groupes de cibles de surface. Une variante à six missiles (projet 655 ?) avait, semble-t-il, été étudiée. Les caractéristiques générales et l'organisation de la propulsion semblent très proches du projet 632 abandonné en avril 1957. On peut penser qu'il constitue le pendant à propulsion Diesel électrique du projet 675 du plan de développement 1959 - 1965 de la flotte soviétique.

Sa construction a fait l'objet de deux décisions du Conseil des ministres de l'URSS les 17 et 25 août 1956 (n° 1149-592 et 1190-610).

 

II. Réalisation

Les plans sont élaborés par le bureau Rubin à partir de mai 1958 et sont figés en janvier 1959. Un maquettage d'aménagement intérieur à l'échelle 1 est réalisé en trois parties: au chantier n° 196 pour les tranches 1 à 3, au chantier n° 194 pour les tranches 4 et 5, et aux chantiers de la Baltique pour les tranches 6 à 8. Par la suite, la gestion de la documentation technique est confiée au TsKB 112 (futur Lazurit).

 

III. Description

          3.1 Coque / propulsion

Le sous-marin est du type double coque. La coque épaisse est cylindrique, d'un diamètre de 6900 mm. Elle est terminée par deux cônes. Divisée en 8 tranches par des cloisons étanches testée à la pression de 10 kg/cm², elle est dotée de couples internes et externes, ceux de l'extérieur étant  équipés de goussets, destinés à la fixation de la coque externe. Celle-ci est ovale, sa partie supérieure est aplatie et parallèle à la partie inférieure, aplatie elle aussi.

Les ballasts sont  répartis en 14 caisses. Les caisses 4 et 11, qualifiées de caisses d'avarie, sont  conçues pour compenser une perte d'étanchéité de l'un des conteneurs de missiles avant ou arrière. Six caisses (2, 3, 5, 7, 7, 12 et 13) servant également au stockage de combustible. Ces caisses externes sont  équipées de vannes Kingston. Toutes les autres caisses, à l'exception de la caisse n° 1 placée à l'avant et aussi dotée de vannes Kingston, sont dotées de vannes simples. Toutes disposaient de soufflage distinct, les manoeuvres des vannes et purges étant à commande hydraulique.

Les caisses de compensation des missiles sont  placées à l'intérieur de la coque épaisse, en tranche II pour la paire avant, et dans les environs des conteneurs arrière pour l'autre paire.

L'emport de la dotation standard de carburant fait  appel à cinq caisses internes et six externes. Les caisses 6 et 11 sont  placées aux extrémités, les autres vers le milieu du bâtiment, dans sa partie inférieure. La construction des deux coques prend en compte les effets d'une explosion nucléaire. On note la présence de deux caisses de réserve, de volume inconnu, pour compenser d'éventuelles modifications ultérieures. Le sous-marin est classiquement    équipé de deux caisses d'assiette placées aux extrémités, d'une caisse de réglage, ainsi que d'une caisse d'immersion rapide.

La partie arrière a été la plus délicate à concevoir, pour assurer une vitesse maximale la plus élevée possible, tout en engendrant un minimum de bruit et de vibration. La puissance des moteurs électriques (6000 Cv) et la taille des hélices correspondantes apportaient le plus de contrainte.

La coque épaisse est  réalisée en acier AK-25 d'une résistance de 600 kg/cm² pour la partie cylindrique, et en acier AK-27 de 520 kg/cm² pour le reste. Pour les cinq premiers sous-marins de la série, il est fait appel à de l'acier faiblement magnétique 45G17YuZ pour la construction de la coque externe, les caisses de ballast externes, les stabilisateurs arrières et le kiosque. D'une résistance de 400 kg/cm² , il est remplacé par de l'acier SKhL sur les suivants. La première raison réside dans la difficulté à travailler cet acier. Comme on le verra plus loin, ce changement ne sera que profitable aux 11 suivants.

Les six premiers sous-marins sont livrés coque nue. Les suivants bénéficient du revêtement anéchoïque externe NPPRK-4D3, que les six premiers reçoivent au cours de leur première IPER.

 

3.2 Énergie   / propulsion

La propulsion est Diesel - électrique (hybride parallèle), Diesel en surface ou au schnorchel, électrique en plongée. Elle repose sur deux lignes d'arbre, articulation unique par rapport aux sous-marins d'attaques océaniques ou lance-missiles balistiques soviétiques de l'époque (projets 641, 641B, 611, 629). [Nota: bien qu'aucun document ne l'atteste, il semble que ce type de sous-marin pouvait très bien être propulsé par ses moteurs électriques au schnorchel ou en surface, la génératrice Diesel procédant alors à la recharge des batteries. Une telle disposition présente  l'avantage d'une prise d'immersion très rapide, les moteurs électriques étant déjà embrayés sur les lignes d'arbre.].

La partie Diesel fait appel:

- à deux moteurs de propulsion de type 1D43 de Kolomen. D'une puissance unitaire de 4000 Cv à 440 t/min, ces moteurs sont des quatre temps, douze cylindres turbo compressés, avec réducteur intégré. Ils entraînent l'hélice correspondante par l'intermédiaire d'un manchon d'accouplement à commande pneumatique.

- à un moteur Diesel 1DL42 de Kolomen de 1720 Cv à 700 t/min. Ce moteur quatre temps six cylindres turbo-compressé est accouplé à une génératrice électrique PG-142 de 1000 kW.

Tout cet ensemble peut être télécommandé à distance depuis un système automatisé appelé DAU qui permet de ne conserver qu'un seul homme de quart lors du fonctionnement des Diesel. Le système gère les moteurs, leur accouplement tout comme les manoeuvres du schnorchel et des clapets d'évacuation des gaz depuis un panneau placé sur l'avant de la tranche Diesel.

On note que lors de son transit vers le Pacifique via l'océan Indien en 1969, le K-120, dernière unité du projet, embarquait des techniciens de l'usine Kolomen chargés de l'entretien de "nouveaux Diesel" . Il est donc possible que la propulsion de cette unité soit différente des précédentes.

La partie électrique inclut:

- deux moteurs principaux PG-141 de 6000 Cv unitaire à 500 t/min

- deux moteurs de propulsion silencieuse PG-140 de 200 Cv unitaire à 155 t/min

- une batterie zinc-argent du type 30/3 composée de 4 groupes de 152 éléments chacun. La puissance maximale développée atteint 14 000 A en 1 h 30 ou bien 30000 A/h sous 250 A. Cette batterie avait une durée de vie de 35 à 40 cycles ou de 12 à 18 mois. Un dispositif de contrôle à distance permettait son exploitation dans les meilleures  conditions. Mais en 1961, le manque d'argent en quantité suffisante en URSS  a conduit à limiter un tel équipement à seulement trois sous-marins. Les sous-marins suivants, et en rattrapage  les trois premiers, ont été équipés d'une batterie acide plomb plus conventionnelle. Du type 60SM-P, elle se répartissait en 4 groupes de 112 éléments chacun. Sa puissance maximale était de 9000 A/h, et sa décharge continue fournissait 15000 A/h à 250 A. [Commentaire: la durée de vie des batteries zinc - argent paraît bien faible!]

Le contrôle du refroidissement des ensembles électriques, tout comme celui de leur régime, s'effectuait depuis un panneau de commande séparé.

 

3.3 Sécurité/ plongée

Le réseau d'air HP est à la pression de 200 kg/cm². Le nombre de bouteilles d'air n'est pas connu, mais leur volume total s'établit à 37,8 m3. L'air sous pression est obtenu par deux compresseurs, l'un à moteur Diesel et l'autre à moteur électrique. On ne connaît pas leurs caractéristiques exactes.

 

3.3 Armement

        331 Missiles:

L'armement principal, raison d'être du projet, est  constitué de quatre tubes  pouvant accueillir indifféremment des missiles aérodynamiques contre buts terrestres P-5 (4K88) et des missiles anti-surface P-6 (4K95). Les premiers sont retirés du service dès 1966, et les sous-marins ne sont alors dévolus qu'à des missions  anti-surface, certains recevant même par la suite des missiles aérodynamiques P-500 Bazalt (4K80). De type SM-49, les tubes sont regroupés en deux paires, l'une à l'avant du kiosque, l'autre sur l'arrière. Repliés dans la coque externe, leur présence n'est notable que par les dispositifs de déviation de jet très caractéristiques. Ils sont numérotés de 1 à 4, le n° 1 étant positionné sur l'avant tribord et le n° 4 sur l'arrière bâbord.

Le tir n'est possible qu'en surface. Le premier tir est possible 4 min 25 s après émersion, le suivant en 10 s. Dans ce délai, sont inclus les 101 secondes pour amener les tubes à leur site de lancement (15° au dessus de l'horizon) et 17 s pour leur ouverture. Pour les  missiles P-5, une préparation en plongée de 80 min est nécessaire.

Le changement de type de missile nécessite deux à trois jour de travail à quai.

Les missiles P-6 pouvaient  tre tirés en salve. Mais il fallait de 8 à 12 minutes de temps de vol pour le missile. La préparation d'une nouvelle salve demandait de 4 à 6 minutes. Pour lancer les 4  missiles, il fallait ainsi plus de 30 minutes. De plus, 12 missiles seulement pouvaient se trouver en vol ensemble, du fait du nombre de réseaux de transmission  de  données disponibles. La destruction d'un groupe de porte-avions avec la version classique du missile P-6 étant  ainsi quasi impossible, il aurait fallu  alors de recourir à la version nucléaire, dont on estimait alors que deux à quatre coups " au but" auraient suffi à neutraliser le groupe.

 

        332 Torpilles

Le sous-marin dispose de 10 tubes lance-torpilles. Les 6 avant, utilisables jusqu'à l'immersion de 100 m, sont de diamètre 533mm et tirent dans l'axe. Les quatre arrières, ouvert de 3° vers l'extérieur, sont utilisables jusque 150m, et présentent un diamètre de 400 mm. La dotation normale est de 6 torpilles de 533mm et de 12 de 400 mm. Deux leurres MG-14 Anabar peuvent être emportés, au détriment de deux torpilles de 533 mm. Les tubes avant sont chargés uniquement en surface, à l'aide de gouttières, le sous-marin ayant une assiette négative. Il en est probablement de même pour les tubes arrière, puisqu'on ne note aucun panneau d'embarquement sur les photos et schémas disponibles. Ces derniers sont équipés d'un système de rechargement hydraulique permettant de recharger 4 tubes  en 30 minutes..

Au prix  de conditions de vie plus dures pour l'équipage, il était possible d'embarquer 12 torpilles de 533 mm de réserve, qui ne pouvaient être chargées que dans les 4 tubes supérieurs. Les torpilles de réserve de 400 mm n'étaient pas alors embarquées.

 

  3.4 Équipements

 Mis à part les déflecteurs de jet si caractéristiques, le sous-marin est équipé (sauf le K-81, après modernisation en projet 651K) d'une antenne Argument destinée au guidage des missiles. Cette antenne s'éclipse dans le kiosque par une rotation horizontale lévogyre. Pour remplir sa mission de lance-missiles, le sous-marin dispose d'un récepteur MRSTs-1 USPEKH  pour les données de désignation d'objectifs transmises par aéronef. La précision de la navigation est améliorée grâce au périscope de visée astrale PR-11 Lira-P.

Le reste de la livrée électronique reste tout à fait conforme aux réalisations de l'époque.

 

IV. Construction

 72 unités sont prévues dans un premier temps. Mais seize unités seulement sont construites. Les deux premiers sont construits aux Chantiers de la Baltique n° 189 à Leningrad, les quatorze autres suivants aux chantiers Krasnoe Sormovo n° 112 de Gorky. Les unités construites dans ce dernier chantier sont toutes transférées à Severodvinsk pour achèvement et essais par les voies d'eau intérieures, sur un dock flottant (TPD-12). Le K-156 est mis sur cale le 16 novembre 1960, le dernier, le K-120, est admis au service actif le 26 décembre 1968.

 

V. Modification / modernisation

 Les six premières unités ayant été livrées nues reçoivent au cours de leur première IPER le revêtement anéchoïque qui leur faisait défaut. Cette première IPER est probablement aussi mise à profit pour remplacer le téléphone acoustique MG-15 SVIYAGA-1 par le MG-25 YAKHTA, dont la verrue plus proéminente est clairement visible sur l'avant.

Une seule unité, le K-81, est modifié pour disposer du système de désignation d'objectifs satellitaire Kasatka (projet 651K). Il est reconnaissable à la bosse sur la partie tribord de son kiosque et à l'absence de rainure du système Argument.

Un autre, le K-68, est modifié en projet 651E au chantier Krasnoe Sormovo de Gorky, pour l'expérimentation d'une chaudière nucléaire auxiliaire VAU-6.

 

VI. Service

          6.1 Flottes utilisatrices

Tout d'abord destinés aux flottes des mers ouvertes (Pacifique 4, Nord 12), ils ont aussi servi en Baltique (7) et en mer Noire. Les unités affectées dans les mers " fermées" provenaient toutes de flotte du Nord.

Pour rallier la flotte du Pacifique, les K-63, K-70 et K-73 ont emprunté la route maritime du Nord, avec un hivernage forcé à Pevek pour le K-70, du fait d'une avarie. Ces transferts ont eu lieu en 1965, 1966 et 1967. Pour le quatrième, le K-120, le transit a eu lieu par le sud et le cap de Bonne Espérance. Ce transit, réalisé  en 1969, est mis à profit pour mener une mission opérationnelle en océan Indien.

Les unités ralliant la Baltique l'ont fait soit en contournant la Scandinavie, soit en empruntant le canal de la mer Blanche. L'arrivée des K-81, K-77 et K-85 s'étale entre avril et décembre 1981. Les K-78, K-203 et K-24 suivent entre septembre 1989 et août 1991.

Pour les unités affectées à la mer Noire, le transfert est exclusivement réalisé par les voies d'eau intérieures. Les K-67 et K-318 rallient cette flotte respectivement en août 1981 et décembre 1982.

 

        6.2 nombre de missions accomplies

Toutes zones confondues, ils ont effectué, pour ce que l'on peut en connaître à ce jour plus de 53 missions opérationnelles et assuré au moins 4 permanences opérationnelles. Depuis la flotte du Nord et la Baltique, les sous-marins du projet 651 ont accompli de multiples missions en Méditerranée entre 1966 et 1982. Les unités de la flotte du Pacifique ont, elles, oeuvré  en mer des Philippines et jusqu'au golfe d'Aden.

Les déploiements les plus longs ont duré jusqu'à neuf mois, avec le soutien de bâtiments bases, par exemple au sud de Socotra.

 

        6.3 Missions particulières

Les crises de l'époque ont eu une influence certaine sur les unités du projet, puisque, notamment, le K-70 effectue une mission en océan-Indien en 1972, du fait du conflit indo-pakistanais. Les sous-marins envoyés en Méditerranée se sont trouvés  à plusieurs reprises à proximité de zones de conflit au Proche Orient. Le K-85 est envoyé en Méditerranée en 1968, dans le cadre de la crise en Tchécoslovaquie.

 

      6.4 Distinctions / décorations

Le 7 avril 1970, le K-304 est décoré de l'ordre d'honneur du jubilé du Comité Central du PCUS, de Præsidium du Soviet Suprême et du Conseil des Ministres de l'URSS. Le commandant du K-78 est décoré de l'ordre de l'Etoile Rouge, après une mission en Méditerranée  en 1969. L'équipage du K-24 est récompensé pour son courage et sa valeur militaire, à la suite d'une mission opérationnelle dans ces mêmes eaux  en 1984.

 

          6.5 Accidents / pertes au combat

Aucune perte en service n'est déplorer.

Trois incendies vont émailler leur carrière. Le K-77 à deux reprises, le 30 mars 1976 dans la 5ème tranche, au niveau des batteries, et les 3 et 4 1981 août au niveau du Diesel-générateur. Le K-203 connaît la même mésaventure en 1992 dans la 7ème tranche, au cours de la recharge des batteries.

Le 15 août 1967, le K-63 entre en collision en surface avec le paquebot Vladivostok près de l'île Askold, ce qui sera mis à profit pour effectuer une IPER (KR) qui va durer jusqu'au 7 décembre 1972, compte tenu de l'importance des dégâts sur l'avant. En 1970, à une date non précisée, le K-85 entre en collision avec le chalutier Erevan.

 

          6.6 Défauts mis en lumière

Dès 1966, les premiers marques profondes de corrosion apparaissent sur les sous-marins équipés en acier 45G17YuZ, sous forme de trous ou de fissures.  Un programme de surveillance particulier est mis avant place, et les éléments sont systématiquement remplacés au cours des périodes d'IPER (SR ou KR).

 

          6.7 Evolution du parc

Le taux de présence en ligne (voir NB) a été en moyenne de 78.97 %

Attention, le total n'est pas un nombre entier, car il correspond à un nombre d'unités / mois. Par exemple, un sous-marin n'ayant été en ligne que 6 mois n'est compté que pour 0,5 sous-marin pour l'année concernée.

La ligne théorique indique le nombre d'unités recettées et réputées figurant à l'inventaire de la marine soviétique.

On notera que même après l'admission au service actif de la dernière unité(1969), la courbe "Total" n'atteint pas la courbe théorique. Le maximum d'unités présentes en ligne connaît trois groupes de pics: 1969 - 1971, 1976-1977 et 1986. L'année la plus critique est 1981. L'écart entre les courbes se creuse en 1990, ce qui montre que malgré le maintien en ligne de 15 unités, leur disponibilité n'est plus assumée. Les désarmements qui suivent dès 1991 en sont le reflet.

Les problèmes de corrosion évoqués précédemment ne constituent visiblement  pas la seule explication. Alors que l'échéance normale des grandes révisions des sous-marins soviétiques (SR) est de l'ordre de 10 ans, on atteint ici des valeurs étonnantes. La moyenne est de l'ordre de 5 ans, avec un écart-type de 2,8 ans. Les cas les plus spectaculaires sont ceux des K-63, K-81 et K-58. Le premier cité entre en entretien dans l'année qui suit son admission au service actif. Certes, il s'agit de la 3ème unité réputée être très affectée par la corrosion. Il est pourtant suivi du K-81 (8ème unité), avec 1,52 ans, et le K-58 (9ème unité) avec 1,94 ans. Seul le K-304 (14ème unité), avec 11,1 ans, semble avoir tenu ce délai avant entretien.

 

        6.8 Service dans les marines étrangères

Aucun sous-marin de ce projet n'a servi dans une autre marine que celle de l'URSS.

 

    6.9 Numéros tactiques

Numéro

Flotte du Nord

Flotte du Pacifique

Flotte de Baltique

Flotte de mer Noire

Inconnue

79

 

 

 

 

Unité et date inconnues

148

?

 

?

 

K-77, date inconnue

K-85, 1964

 

 

 

 

190

K-85, 1966

 

 

 

 

194

 

 

 

 

Unité et date inconnues

403

 

 

 

 

Unité et date inconnues

410

K-68, 1991

 

 

 

 

425

K-304, 1991

 

 

 

 

461

 

 

K-24, 1991

 

 

478

?

 

?

 

K-203 date inconnue

484

 

 

K-77, 1991

 

 

498

 

 

 

 

Flotte et date inconnues

519

 

?

 

 

K-120, date inconnue

525

 

?

 

 

K-120, date inconnue

544

K-156, 1961

 

 

 

 

571

 

 

 

K-67, 1990

 

578

K-58, 1990

 

 

 

 

586

 

 

 

K-318, 1990

 

651

K-156, 1963

 

 

 

 

   

VII Retrait du service opérationnel

        7.1 Causes

Les retraits du service s'effectuent avec un âge moyen de 24,7 ans. Les causes reposent avant tout sur la disparition de l'URSS. Mais l'obsolescence du système d'armes, et une fragilité certaine entraînant une maintenance très lourde ne sont pas à écarter.

 

        7.2 dates

Le premier retrait a lieu le 2 février 1988 (K-70), le dernier le 5 juillet 1994 (K-67).

 

        7.3 Emploi auxiliaire

Aucun n'a été reconverti en station de rechargement à flot ou en centre d'entraînement à la lutte contre les sinistres, probablement du fait des problèmes de corrosion.

 

        7.4 Musées

    Deux sous-marins ont été vendus à l'étranger, à titre de musée

Le K-77, après plusieurs aventures, a terminé sa carrière à Providence, Rhode Island, États-Unis, sous le nom de U461. Il a servi de décor pour le film K-19, avant de couler suite à un cyclone. Ce qui conduit à son démantèlement en 2010.

  Le K-24 est conservé à flot à Peenemünde. Il semblerait qu'à l'heure où ces lignes sont écrites, il ne soit plus accessible.

   

    7.5 Destruction

Les unités affectées à la flotte de Baltique, mis à part le K-77 (voir ci-dessus), sont abandonnées à Liepaja lors du retrait des forces russes. Elles sont démantelées par la suite au chantier Tosmare. Le K-63, de la flotte du Pacifique, est démantelé en Corée du Sud. Tous les autres l'ont été en Russie.

 

 

NB: cette notion de présence en ligne sert à qualifier la proportion du temps où un sous-marin est utilisable par la flotte. Ceci exclut donc les périodes d'entretien, d'indisponibilité matérielle  ou de mise en réserve. Ceci ne signifie pas que le sous marin en question ait été apte à effectuer une mission sans délai. Il convient d'être prudent sur cette approche, TOUTES les données n'étant pas  forcément disponibles.

Il est difficile d'avoir plus de précision sur l'histoire de ce projet, toutes les sources russes que j'ai pu consulter reprenant  le même texte, quasiment au mot près.

Dernière mise à jour: 5 juillet  2014

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