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Nom russe SEMGA (Сёмга) [Saumon]

Code OTAN VICTOR  II

Classification soviétique

Croiseur sous-marin (КрПЛ) [KrPL] ou Grand sous-marins (БПЛ) [BPL]

Classification OTAN SSN

Copyright inconnu

Origine du projet

Dès 1962, le SPMBM Malakhit a tenté de renforcer les capacités militaires du projet 671, en l'équipant de deux ou quatre tubes lance-torpilles de 650 mm. De ces études est sorti un projet plus rationnel d'un sous-marin doté de quatre tubes lance-torpilles de 533 mm et deux de 650 mm. Cette disposition lui permettait de lancer toutes les torpilles existantes à l'époque, et des missiles lancés par les tubes lance torpilles d'une plus grande portée.

De plus, l'avarie d'un sous-marin nucléaire venait de montrer qu'il était important de disposer d'un Diesel générateur de plus grande puissance.

Enfin, le niveau de bruit rayonné restait de loin beaucoup plus élevé que celui des autres sous-marins nucléaires de l'OTAN , particulièrement de ceux des États-Unis.

 

Conception

Le projet technique a été terminé en 1964. Le déplacement était plus élevé de 350 t par rapport au projet 671, la coque était plus longue de 4,8 m. En conséquence, la vitesse maximale en plongée a été réduite d'un noeud.

Toutes les autres caractéristiques restèrent sans changement.

Quoiqu'à orientation ASM plus marquée, le projet 671RT est avant tout un sous-marin nucléaire polyvalent. La problématique était maintenant double. Les porte-avions de la classe Forrestal apparus aux États-Unis à partir de 1955 étaient capables de mieux résister aux attaques de torpilles. Leur destruction aurait nécessité l'utilisation de plusieurs torpilles de 533 mm, au besoin nucléaires. D'autre part, la  défense ASM, reposant sur l'utilisation d'hélicoptères et de sonars de forte puissance, à immersion variable, et de missiles porte-torpilles (ASROC, IKARA, MALAFON) imposait aux sous-marins soviétiques de lancer à une plus grande distance du but.

En novembre 1961, la Marine et le ministère des Constructions Navales ont  accepté  le projet. Les torpilles 65-73 de 650 mm permettaient plus aisément de mettre hors de combat un porte-avions, et la puissance de leur éventuelle charge nucléaire était décuplée. Elles pouvaient être tirées d'une distance de 50 km, distance parcourue à la vitesse moyenne de 50 noeuds. Une torpille d'un tel volume nécessitait un profond ré-aménagement du local torpilles, prenant en compte la grande longueur d'un tel engin. Il a fallu installer une nouvelle cloison horizontale pour garantir la réserve de flottabilité, divisant en deux l'ancien premier compartiment.

Autre innovation, l'installation à bord de missiles porte-torpilles VYUGA , dont les études avaient débuté dans les années 60 à l'OKB-9 URALMASHINZAVOD de Sverdlovsk. Le missile était lancé du tube du sous-marin à une profondeur de 50 à 60 m, émergeait et entamait une trajectoire balistique pour mettre la cible à portée de la charge nucléaire. On avait prévu la création de missiles de diamètres 533 mm (VYUGA-53) et de 650 mm (VYUGA-65). La décision gouvernementale n° 617-209 du 4 août 1969 ratifiait la mise en service de l'ensemble VYUGA missile 81R dans la Marine. D'un diamètre de 533 mm, il pouvait traiter des cibles à une distance de 10 à 40 km.

L'ensemble turbo-réducteur étant la source principale de bruit rayonné, on a regroupé sur des châssis le groupe turbo-réducteur et les turbo générateurs, châssis eux-mêmes installés sur un cadre intermédiaire. Il en est résulté un amortissement en cascade significatif, ce qui a contribué à réduire le niveau de bruit rayonné. Il a fallu en conséquence agrandir le compartiment turbine.

Le Diesel générateur de 200 kW a été remplacé par un Diesel générateur de 460 kW. Ceci pour permettre en immersion périscopique soit de faire appel au générateur Diesel pour alimenter les propulseurs auxiliaires, soit de procéder à la recharge des batteries. Ceci autorisait dans le même temps le refroidissement de toutes les turbines.

En août 1965, une décision commune a demandé une correction du projet, correction achevée en avril 1966.

Compte tenu de la complexité du transport des sous-marins sur le canal de la mer Blanche, il a fallu mener des travaux de réduction de poids pour l'installation à bord des sous-marins sur les barges.

Le Bureau d'études et le chantier ont dû effectuer cette étude parce que le nouvel armement, l'adoption de nouvelles mesures de réduction du bruit rayonné ont fait croître le déplacement du sous-marins de 750 t par rapport au projet 671. La coque épaisse avait vu son diamètre augmenter au niveau du Central et du premier compartiment, le nouveau sous-marin était plus long de 8,8 m.

L'installation du système tactique (BIUS) AKKORD  a permis de renforcer les capacités militaires du sous-marin. Tout un ensemble de nouveaux systèmes, comme le système de télécommunications par satellite MOLNYA ou de systèmes modernisés avaient été installés. A l'arrière du kiosque, dans un logement de la coque extérieure, a été installée l'antenne remorquée du système PARAVAN  permettant de recevoir des messages radio TBF en immersion jusqu'à 160 m.

Au cours d'entretiens intermédiaires, les sous-marins ont reçu le sonar RUBIKON  en lieu et place du RUBIN, ainsi que le radar ALBATROS  avec son complément KORMA, à la place du radar KASKAD. L'armement se composait de quatre tubes lance-torpilles de 533 mm et de deux tubes de 650. Les sous-marins pouvaient emporter 18 torpilles de 533 mm et six de 650 mm, ou 36 mines. La création d'un nouveau compartiment par rapport au projet 671 a contraint à une nouvelle répartition des systèmes dans les compartiment I, II, IV et V. L'équipage comprenait maintenant 98 (?) personnes.

Le cahier des charges opérationnel a été ratifié par le gouvernement en avril 1968.

L'aménagement de l'intérieur de la coque épaisse a quelque peu varié par rapport aux sous-marins du projet 671. Elle était dorénavant divisée en 8 tranches  étanches:

1ère tranche   : tubes lance torpilles, armement de réserve, locaux vie, soutes à provisions

2ème tranche: cabines, carrés, cuisine et éjecteur d'ordures

3ème tranche: postes centraux, locaux des auxiliaires

4ème tranche: réacteurs

5ème tranche: bloc turbo-réducteur – turbo-alternateurs, bouilleur, et pupitre de conduite énergie – propulsion

6ème tranche: compresseurs, condenseurs, redresseurs PR-501-2

7ème tranche: locaux-vie, Diesel générateur

8ème tranche: moteurs électriques de propulsion, presses du gouvernail, cambuse, poste chimique

Les documents techniques ont été figés le 15 juillet 1967.

 

Construction et essais

La construction était prévue dans deux chantiers, l'un à LENINGRAD (Chantiers de l'Amirauté n° 196), l'autre à Gorky [Nizhniy-Novgorod] (Chantiers Krasnoe Sormovo n° 112). Fin 1963, le Bureau a procédé à l'élaboration des plans à l'attention des ouvriers des chantiers.

Pour les Chantiers de l'Amirauté, pour trois sous-marins nucléaires (n° de construction 621, 625 et 627), la construction a été effectuée en blocs et sections. Les ouvriers de ce chantier ont apporté des innovations dans la construction navale. Au lieu de réaliser des sections, ils ont construits des blocs pré-équipés qui étaient introduits ("poussés") à l'aide d'outillages adaptés dans les sections déjà assemblées. La masse de ces blocs pouvait aller jusqu'à 350 t.

Le premier sous-marin du projet, le K-387, a été doté d'une double hélice à 5 pales en tandem.

Mis à part la différence d'armement, le projet 671RT se distinguait du projet 671 par la réduction du niveau de bruit rayonné sur tout le spectre de fréquence.

 

Vie opérationnelle

Tous les navires ont fait partie de la 33ème diviziya de la 1ère flottille de sous-marins de la flotte du Nord, et basés à Zapadnaya Litsa. En 1982, les K-371, K-387, K-467 et K-495 ont été versés à la 6ème diviziya de cette même flottille. En 1985, les sous-marins ont tous été transférés à Yagelnaya Guba, et rattachés à la 24ème diviziya de la 3ème flottille de sous-marins. Entre 1989 et 1993, ils ont été versés à la 17ème diviziya de la 11ème flottille de sous-marins et transférés à Yokanga, dans la rade de Gremikha.

Chacun d'entre eux a effectué entre 6 et 12 patrouilles opérationnelles en Atlantique et Méditerranée.

Entre 1993 et 1995, tous les navires du projet 671RT ont été retirés du service actif et remis à l'OFI pour destruction.

Dernière mise à jour: 2  janvier  2008

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