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Nom russe SELIGER (Селигер)

Vue de l'avant

Tiréde militaryrussia.ru

Vue de l'arrière

Tiré de oosif.ru

Le projet SELIGER est un projet très confidentiel qui vient prendre la suite du projet ARKHIPELAG. Le but recherché est ici de faire plonger une équipe d'aquanautes à très grande profondeur à l'intérieur d'une capsule captive  à des fins d'observation et de recherche sur le fond. Ce besoin résultait de l'apparition de systèmes sonars passifs nord-américains dans les zones de transit et de travail des sous-marins soviétiques.

1 . Le projet ARKHIPELAG

Ce projet très confidentiel débute dans les années 60, pour une capsule dépendante triplace permettant l'observation d'objets posés sur le fond, capsule reliée par un câble à un sous-marin porteur, le BS-69 du projet 611P. C'est le SKB-170 qui est chargé de son étude et de sa réalisation. Les premiers équipages sont sélectionnées en 1966, et en 1967 un test permet de faire plonger la capsule à plus de 2000 m de fond sans équipage. La profondeur de travail réelle s'établissait à 1500 m. Mais, le 26 novembre 1967, une avarie survient et l'équipage de la capsule est contraint de faire surface en urgence. La capsule est perdue.

Dans les faits, cette capsule semble conçue pour parcourir un hippodrome sur le fond, à la verticale du sous-marin porteur qui peut plonger jusque 100 m.

2. Le projet SELIGER

Le projet ARKHIPELAG se montrant prometteur, le projet SELIGER vient prendre sa suite à partir de 1968. Le porteur reste le BS-69, qui va, pour masquer le but réel du projet, être modifié/ modernisé en "bâtiment porte-nageurs de combat". La capsule reste un cylindre fermé par deux extrémités hémisphériques, construit en plaques d'acier soudées. Mais pour tirer les leçons de l'incident ayant provoqué la perte de la capsule Arkhipelag, l'ensemble est modifié de la manière suivante:

    - la capsule dispose d'un sas d'accès triplace, alors qu'il n'était que monoplace auparavant

    - le treuil du sous-marin porteur est maintenant positionné de telle manière que le câble, d'une longueur de plusieurs milliers de mètres, ne peut s'enchevêtrer sur le tambour de son treuil.

ainsi que de tout un ensemble de modifications dictées par l'usage.

2.1 Description de la capsule

D'une longueur d'environ 8 m et d'un diamètre d'environ 2 m, la coque en cylindre se termine par deux extrémités hémisphériques. Elle est fixée sur un chassis débordant, la protégeant des chocs et servant de socle en cas de poser sur le fond. Au plafond, un hublot permet de contrôler le processus de son arrimage au sous-marin porteur. Quatre anneaux de manutention soudés sur la partie supérieure de la capsule permettent sa manutention (et son arrimage?).

A l'avant, en partie supérieure, on a installé le raccordement du câble de traction, deux rouleaux pour la manutention, et la prise du câble de liaison. Au centre, un panneau étanche à commande centralisé permet l'accès à la capsule. Il est protégé par un cadre. En partie inférieure, le poste de l'observateur dispose d'une couchette face à un hublot, et de deux puissants projecteurs.

A l'arrière, sous les anneaux de manutention, on peut noter le carénage argenté du répondeur acoustique. A tribord, un grand treuil permet la manoeuvre de l'ancre (en fait un grappin à 8 pattes). En dessous sont installés les deux hublots de l'opérateur, avec leurs projecteurs et les deux moteurs électriques de propulsion avec hélices à pales fixes. Le câble du grappin passe entre les deux hublots.

La majeure partie de l'espace intérieur (hors sas d'accès) est occupé par les 250 éléments d'accumulateurs répartis en deux groupes. Un plancher de bois recouvre le fond.

L'équipage comprend un chef de bord et deux observateurs, l'un de ces derniers assurant les fonctions d'ingénieur mécanicien et dispose d'un siège placé à l'arrière.

Le siège du chef de bord, situé au centre, est équipé de ceintures de sécurité, un chef de bord ayant été sérieusement blessé lors du renversement d'une capsule. Le panneau d'accès au sas d'évacuation était placé au centre de l'extrémité avant, de manière à rester immergé lors d'une émersion autonome de la capsule. De cette manière, lorsque le panneau était ouvert, la capsule ne coulait pas. Ce qui contraignait néanmoins l'équipage à évacuer après avoir revêtu une combinaison de plongée. Un dispositif de WC figurait dans les équipements, tout comme une couchette.

Pour une évacuation d'urgence, l'équipage disposait de combinaisons spéciales SGP (pour évacuation de sous-marins) et de trois appareils respiratoires de secours IDA-59.

Le câble de liaison avec le sous-marin porteur était à l'origine d'une résistance de 7 tonnes, résistance qui sera portée à 10 tonnes lorsque le treuil sera disposé horizontalement sur le porteur. Le long de ce câble était fixé le câble de liaison téléphonique. En cas d'avarie de ce système, la capsule disposait de téléphonie ultra-sonore. En cas d'urgence, l'équipage pouvait enfin couper le câble de liaison, larguer le lest de sécurité et les apparaux fixés sur la partie inférieure. La capsule retrouvait alors une flottabilité positive et regagnait la surface.

La température à l'intérieur de la capsule, dépendant de la température de l'eau en profondeur, dépassait rarement les 7 à 8° C.

2.2 Construction

Trois capsules ont été construites entre 1970 et 1972 aux chantiers navals de Kronstadt. Les deux sous-marins porteurs du projet 611P ont aussi été modifiés dans ces chantiers.

2.3 Mise en oeuvre

Copyright oosif.ru

Les légendes sont de Soumarsov.eu

1- sous-marin porteur 2- cable de traction 3-  guiderope (chenille)

4- capsule avec son cercle d'évolution

La capsule est reliée à un système de guiderope, constitué d'une charge de plus d'une tonne, à savoir une chenille de tracteur DT-54. Le sous-marin porteur largue ce guide rope qui entraîne la capsule vers le fond. Cette opération terminée, le porteur commence le remorquage dans la zone à investiguer, la capsule disposant d'un rayon d'évolution d'environ 150 m autour du guiderope.

2.4 Service

Ces capsules et leurs porteurs du projet 611P ont servi jusqu'en 1989, en flottes de Baltique, de mer Noire (au moins pour les essais) et du Pacifique. Les opérations menées sont encore peu documentées. Tout au plus sait-on que deux officiers ont été faits Héros de l'Union Soviétique, les CV Aleksey Rusakov et Yuriy Kovalenko.

NB: l'accès de l'équipage depuis et vers le porteur n'est pas encore clairement documenté.

Le nom de Seliger proviendrait d'un lac de la région de Tver et Novgorod.

Dernière mise à jour: 22  août 2014

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